Municipales 2026 – Lettre ouverte aux candidat·es

Le 2 février 2026

CONTRE LES DISCOURS DE HAINE ET L’AFFAIBLISSEMENT DE LA CULTURE

Si le milieu des arts et de la culture n’est pas spontanément antisexiste, antiraciste et antifasciste, il est cependant le lieu d’où ont émergé ces dernières années les batailles les plus tenaces contre les discours de haine et pour une plus grande égalité, pour une réelle prise en compte des différences qui forment le socle commun de la société française.

Aujourd’hui, les politiques culturelles sont fragilisées par une austérité budgétaire généralisée, une mise en concurrence croissante et des pressions idéologiques de plus en plus fortes. Dans le même temps, nous assistons à une extrême-droitisation du débat public, à la montée des discours masculinistes, racistes et LGBTQIA+phobes, et à des attaques répétées contre les politiques d’égalité.

Les politiques d’austérité privent la création artistique et le tissu associatif des moyens de lutter contre cette offensive réactionnaire. S’en prendre à la culture, c’est affaiblir les espaces d’émancipation, de complexité et de critique. C’est faire le lit du masculinisme et du fascisme.

La culture est devenue un champ de bataille politique. Face à cela, on ne peut pas rester neutre.

POUR UN MAINTIEN DU FINANCEMENT DE LA CULTURE PAR LES COLLECTIVITÉS LOCALES

LA CULTURE N’EST PAS ACCESSOIRE

▶ La culture n’est ni un décor, ni une variable d’ajustement budgétaire et les associations culturelles ne sont pas des prestataires à bas coût.
▶ Elle est un espace de construction de l’esprit critique et d’ouverture des imaginaires.
Elle est un lieu de représentations, de réparations symboliques et de projections collectives.

Il ne suffit pas de faciliter l’accès aux lieux de culture : il convient d’y adjoindre les moyens de produire, de décider et de transmettre. En mettant à la disposition des publics des infrastructures culturelles, en réclamant aux actrices et acteurs culturel·les une attention à tous les publics, en subventionnant les associations, en soutenant l’émergence des artistes sur l’ensemble de leur territoire, les collectivités locales et, plus spécifiquement, les municipalités, jouent un rôle central dans l’accès de toutes et tous aux oeuvres et à la création.

Elles ont évidemment un rôle à jouer dans les luttes contre les discriminations et les violences sexistes et sexuelles dans le milieu des arts et de la culture. Cependant, les récentes remises en cause des budgets alloués nous font craindre un désengagement financier préjudiciable à la création artistique et au tissu associatif. Il est capital que les futur·es élu·es se positionnent clairement en faveur de la défense d’un secteur culturel vecteur d’une pensée de la solidarité, de l’égalité et de l’ouverture aux autres, quelles que soient leurs différences.

C’est le sens de l’appel que nous, HF+ Bretagne, adressons aux candidates et candidats aux élections municipales.

 


3 AXES PRIORITAIRES POUR L’ÉGALITÉ DANS LA CULTURE

PRECONISATIONS :

INTERSECTIONNALITÉ

Mettre l’égalité réelle au cœur des politiques culturelles en prenant en compte le croisement des discriminations.

Cibler les moyens là où les exclusions se cumulent.
Garantir la liberté de création, de programmation et d’expression, en conformité avec le cadre légal (le racisme, le sexisme, l’homophobie et la transphobie, le harcèlement et les violences sexistes et sexuelles, l’incitation à la haine, etc., sont des délits punis par la loi). Favoriser et permettre le débat démocratique autour des œuvres, plutôt que de céder aux intimidations et tentatives de censure.
Faciliter l’accès à la culture des groupes les plus laissés pour compte en finançant des études sur les publics absents, les artistes et travailleur·euses invisibilisé·es, les obstacles d’accès à la culture (économiques, géographiques, symboliques, physiques, sociaux). Des études qui devront être rendues publiques.
Privilégier les diversités de genre, de statut socio-économique, d’origine ethnique dans les choix des partenaires et des personnels.
Se poser la question de la représentation des femmes, des femmes racisées, des personnes LGBTQIA+.
Lutter contre la précarité des métiers artistiques et culturels afin d’en faciliter l’accès à toutes les catégories sociales (bourses, soutien matériel et financier pour faciliter l’insertion professionnelle de jeunes issu·es des milieux les plus défavorisé·es, etc.).

FINANCEMENT DE LA CULTURE soumis à l’ÉGA-CONDITIONNALITTÉ

Utiliser le levier du financement public pour transformer structurellement le secteur culturel.

Conditionner les aides publiques à des objectifs chiffrés d’égalité (éga-conditionnalité) et avec des budgets sensibles au genre.
Maintenir les budgets culturels et sécuriser le tissu associatif.
Prioriser le financement de subventions de fonctionnement et sortir de la logique du financement au projet.
Généraliser les conventions pluriannuelles.
Conditionner les financements à des engagements sur la diversité des équipes, jurys et directions, des plans d’action et des formations obligatoires sur les violences sexistes et sexuelles et les discriminations structurelles.
Soutenir l’accès de personnes minorisées à des postes de décision.

MATRIMOINE

Réhabiliter l’héritage culturel des femmes et des minorités de genre.

Traiter à égalité le matrimoine et le patrimoine dans les politiques publiques
Soutenir les projets de recherche, de transmission et de valorisation sur le matrimoine.
Inscrire durablement ces enjeux dans l’éducation artistique et culturelle.
Inscrire le matrimoine dans l’espace public et l’urbanisme : toponymie, monuments, signalétique, commande artistique et aménagements urbains.

 


Pour aller plus loin vous pouvez consulter des ressources complémentaires :

Manifeste Mouvement HF+

Mobilisation culturelle – L’Art est public

Manifeste Fédélima

L’intersectionnalité en action – MIW

Mobilisation SMA : Les municipales

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